jeudi 22 octobre 2015

LES CHRONIQUES DU DERNIER GARDIEN DE TOUR

Présentation des chroniques
Je suis Alain Sweeney, le dernier gardien de tour du Québec. J’ai effectué ce travail lors de l’été 1981. Alors âgé de 17 ans, fraîchement diplômé et prêt à devenir garde-forestier, au lieu d’un stage on m’offre ce gagne-pain particulier. À l’emploi de la société de protection des forêts de l’époque, mon rôle était de surveiller la forêt du sommet de la tour afin de repérer des fumées suspectes ou tout autre indice d’incendies. J’y travaillais suivant un cycle de 10 jours de travail suivis de 4 jours de congé, le tout de 8h à 17h. J’ai occupé cet emploi durant quatre mois, soit de mai à août. Je vous livrerai dans cette chronique, les différentes péripéties que j’y ai vécues!

Les spécificités de la tâche
La tour à laquelle on m’avait affecté était située au sommet du Mont du Général-Allard. Depuis plus de cinq ans, elle était la seule tour à être encore utilisée. Son positionnement sur la base militaire de Valcartier justifiait son utilisation puisque les avions de détection n’étaient pas autorisés à survoler ce territoire. Cela faisait en sorte qu’on n’était pas trop dérangé, l’accès à la forêt étant lui aussi restreint. Lors de ma première journée, on m’avait déposé en hélicoptère sur mon lieu de travail. Je n’aurai pas le droit à ce privilège une autre fois! Au début de mon cycle de travail, on me laissait plutôt à l’entrée du site avec ma nourriture pour 10 jours que je devais trimballer sur 4km afin de me rendre jusqu’à la tour. Arrivé là, une petite habitation de fortune m’attendait où je m’installais pour la durée de mon séjour. Vous comprendrez que j’y recevais peu de visite, outre les animaux sauvages peuplant ces bois.

Travailler sur une base militaire
Le travail sur une base militaire s’effectuait en solitaire. À l’époque glorieuse des tours de détection, il arrivait que femme et famille s’installent dans les bois avec le gardien. Impossible de faire de même lorsqu’on se trouve sur les territoires de l’armée. J’ai reçu une fois la visite d’un militaire. Cela a fait augmenter drastiquement ma moyenne de contacts sociaux! En temps normal, mes contacts se limitaient aux rapports quotidiens que je devais effectuer par radio au centre de commandement. Il m’était impossible de contacter quelqu’un en dehors de mes heures de travail puisque personne ne se trouvait au poste. À ce moment, j’étais donc complètement laissé à moi-même. Il arrivait parfois que je doive évacuer la tour. Cette dernière se trouvait dans un champ de tir utilisé par les pilotes pour se pratiquer. Lorsque le terrain était requis, on me faisait descendre de la tour et je devais attendre à l’extérieur du terrain de pratique que l’exercice soit terminé. 




La peur des hauteurs
Je n’oublierai jamais la première fois que je suis monté dans la tour. Pour entrer dans la cabine se trouvant à son sommet, il fallait passer par une trappe au plancher. Assez simple a priori, mais plutôt effrayant lorsqu’elle se trouve à 60 pieds de haut! Je m’agrippais le plus fortement possible à l’échelle, en espérant ne pas tomber, tout en essayant de soulever la trappe. Tout s’est finalement bien déroulé, malgré quelques petites frayeurs. Cependant, l’aventure ne s’arrêtait pas une fois le sommet atteint. À cette hauteur, on ressent beaucoup les bourrasques. 

Gérer sa nourriture
J’ai vite appris qu’il fallait défendre sa nourriture lorsqu’on se trouve en forêt. N’étant pas équipé pour conserver des aliments périssables, j’avais principalement apporté du pain et des aliments en conserve pour m’alimenter durant mon premier cycle de travail. Arrivé à la petite cabane qui me servait d’habitation, j’avais laissé mes vivres sur la table avant de monter au sommet de ma tour. Quelle ne fut pas ma surprise, lorsque redescendu en fin de journée, je constate que la presque totalité de ma nourriture a disparu pendant la journée! Certains animaux ont dû avoir tout un festin! Trop gêné par cette erreur de débutant, je décide de n’en parler à personne et de me sustenter des quelques aliments restants pendant les jours suivants.

Apprivoiser la faune environnante
J’avais peu de connaissances de la vie en forêt lorsque j’ai débuté comme gardien de tour. Je dirais même que j’étais plutôt effrayé par les animaux sauvages. Je fermais difficilement l’œil lors de mes premières nuits puisque ma cabine grouillait de mulots. Je les sentais se promener partout à la recherche de nourriture. J’ai même cru pendant un certain temps qu’un ours venait me visiter, car j’entendais fréquemment gratter près de la porte. Finalement, ces bruits se sont révélé n’être causés que par un porc-épic. Malgré tout, ces sons étranges m’ont suffisamment effrayé pour que je passe quelques nuits à dormir au sommet de la tour plutôt que dans ma cabane. Au sommet, le confort y était encore plus rudimentaire. Une table circulaire où se trouvait l’alidade, instrument de repérage des feux, se trouvait au centre de la cabine. Je devais donc dormir en rond autour de ce meuble. Les courbatures et maux de tous genres étaient donc assurés!



Le retour à la civilisation
Lors de mon embauche, j’avais offert à mon patron de travailler 20 jours en ligne au lieu des 10 demandés lors de mon premier cycle de travail. J’espérais démontrer ainsi ma motivation et mon engouement pour ce nouvel emploi. Le manque de nourriture, la crainte des animaux sauvages et la monotonie de la tâche sont cependant rapidement venus à bout de ma détermination.  Lorsque mon patron est venu me chercher à la fin de cette première période, j’ai eu envie de lui sauter au cou tellement les contacts humains m’avaient manqué. Dans l’autobus en rentrant à la maison, je regardais tous les passagers et leur souriait à pleines dents! Je ne me rappelle pas avoir trouvé les gens aussi beaux qu’après ces vingt jours isolé en forêt. 

Fêter ses 18 ans au sommet d’une tour
J’ai soufflé mes 18 bougies en forêt. La vue du sommet de la tour rendait encore plus difficile le fait d’être seul pour mon anniversaire. En effet, de là-haut, j’apercevais toute la ville de Québec. Je savais que pendant ce temps, tous mes amis s’y trouvaient à faire la fête alors que je surveillais la forêt. Une fois ma journée de travail terminée, je n’avais aucun divertissement. De plus, la nuit vient rapidement lorsqu’on se trouve dans les bois. Mes célébrations se sont donc résumées à attendre que le temps passe et à me coucher tôt. Le gardien de tour précédent avait eu la bonne idée de s’apporter des batteries pour être en mesure d’écouter la télévision à la fin de la journée. Malheureusement pour moi, je n’étais pas aussi débrouillard.

Une mauvaise surprise
J’avais de nombreux problèmes avec les mulots. En plus de manger ma nourriture, il m’empêchait de dormir la nuit. Afin de remédier à cette situation agaçante, j’ai eu l’idée d’amener des pièges à souris. Je les ai donc installés avant de quitter les bois pour mes quatre journées de congé. Je me disais alors que je n’aurais qu’à ramasser le tout à mon retour et que je devrais par la suite avoir réglé mon problème. À mon retour, j’avais bel et bien fait quelques prises, cependant elles venaient avec une odeur immonde de décomposition! Il fallut plusieurs semaines avant que l’odeur ne disparaisse complètement. 

Que faire lors des journées de pluie?
Par mesure de sécurité, je devais quitter la tour lorsqu’il y avait de la foudre. De même, lors des journées de pluie, je n’avais pas à inspecter le territoire puisque le risque d’allumage était assez faible. Cependant, d’autres tâches m’étaient dévolues à ce moment. Je devais m’assurer de l’entretien du chemin qui menait à la tour. Je m’occupais également de préparer le bois qui serait utilisé l’été suivant. La cabane étant équipée d’un poêle à bois, il était nécessaire d’avoir quelques réserves. Malheureusement pour moi, ces efforts ont été faits en vain, puisque personne ne reviendrait travailler dans cette tour après mon départ. En effet, à la fin de cet été, la décision fut prise de mettre fin définitivement à la détection par tour des incendies de forêt. Malgré la solitude et la monotonie de cet emploi, je dois néanmoins avouer que cette expérience a été très formatrice! 

vendredi 25 septembre 2015

LE MÉTIER DE GARDIEN DE TOUR


La première tour utilisée pour la détection des feux de forêt en sol québécois a été inaugurée en 1910 au sud du lac Matapédia en Gaspésie. Située à 518 mètres d’altitude, elle permet au gardien de tour d’observer jusqu’à 260 000 hectares de forêt par beau temps. Le développement du réseau de tours atteint son apogée à la fin des années 1930 alors qu’il est constitué de plus de 500 tours. Ces dernières sont construites au sommet des montagnes dominantes et offrent une excellente visibilité des territoires forestiers à protéger. Il en existe encore quelques-unes à l’heure actuelle qui agrémentent le paysage québécois, bien que la majorité ait été détruite pour des raisons de sécurité. 

Lors de la mise en place du système de tours, le gardien y demeure seul tout l’été, la durée de son séjour variant de quatre à cinq mois. Il travaille alors sept jours sur sept durant cette période. Son rôle est d’observer les territoires forestiers sous sa garde afin d’y repérer toute fumée ou signe d’un incendie. Lorsqu’il en aperçoit, le gardien doit alerter le centre d’opération afin qu’une équipe et une stratégie de combat soient mises en place. Lors de cet appel, il précise la position du feu, la distance estimée depuis la tour, les dimensions ou l’ampleur de l’incendie ainsi que le type de peuplement forestier. Toutes ces informations permettront de repérer le feu plus rapidement et de mieux préparer son combat. 

Les tours sont généralement constituées d’une structure en acier où trône une cabine octogonale en bois. C’est dans cet espace que les gardiens réalisent leurs tâches. Les tours étant reliées aux villages par téléphone, et par la suite par radiotéléphone, les gardiens peuvent contacter rapidement les autorités en cas de feux, ce qui leur confère une nette supériorité par rapport aux patrouilleurs. Le développement du réseau de tours a également comme effet parallèle de mener à une expansion spectaculaire du système de lignes téléphoniques provinciales. Cette innovation permet, d’une part, d’accélérer le déploiement sur les feux, mais brise également la monotonie et la solitude de la tâche de gardien de tour. Ces derniers peuvent désormais contacter les autres gardiens le soir venu afin de discuter. 



Figure 1 Société d’histoire forestière du Québec- Osbourne Fire Finder

Afin d’évaluer la position du feu, la cabine vitrée de la tour possède un système de détection des incendies, inventé en 1911, nommé Osbourne Fire Finder. Il s’agit en fait d’une table circulaire d’un diamètre de 75 cm où est placée une carte des environs. La tour se retrouve en son centre. À l’aide du cercle azimutal rotatif, gradué de 0 à 360 degrés, et de l’alidade, le gardien peut localiser les fumées qu’il aperçoit. 

Les gardiens de tours ont également accès à une maison en bois ronds située au pied de la tour. Ces dernières présentent un confort assez minimal. Généralement isolées avec la mousse ramassée sur place, elles contiennent un lit, un poêle à bois, un lavabo et quelques instruments de cuisine. Ils ont généralement à leur disposition un jardin, des animaux de ferme et un caveau pour les aliments périssables. Les aliments de base sont apportés à la tour en début de saison par le gardien lui-même. Des groupes de patrouilleurs se chargent par la suite de les ravitailler pendant l’été en apportant de la viande et des fruits. 

Il arrive même parfois que femme et famille se joignent au gardien. Ce n’est cependant qu’après la Seconde Guerre mondiale, qu’on commence à assigner deux gardiens par tour. Bien que cette situation facilite la tâche et la rende plus sécuritaire, elle entraîne tout de même certains problèmes de cohabitation.

Figure 2 Société d’histoire forestière du Québec- Gardien de tour et sa famille



Certaines tours deviennent même de réelles attractions touristiques en raison du panorama qu’elles offrent. Ces visites donnent l’opportunité aux gardiens de tour de diffuser des messages de prévention et de sensibiliser les utilisateurs de la forêt aux risques humains d’incendie. À quelques occasions, la prévention s’ajoutera donc aux tâches du gardien. La plus populaire des tours serait celle du Mont Tremblant avec ses 2500 pieds d’altitude.

Bien que les tours d’observation aient été le pilier du système québécois de détection des feux de forêt, l’efficacité accrue et les coûts désormais faibles de l’utilisation des avions de détection rendent désuet leur emploi à partir de la moitié des années 1960. La dernière tour en utilisation au Québec est utilisée jusqu’en 1981 sur la base militaire de Valcartier. Ses 60 pieds trônent au sommet du Mont Général Allard. Les avions de détection n’étant pas autorisés à patrouiller dans cette zone, le gardien de tour y a encore sa raison d’être.

Références

Blanchet, Patrick. 2010. « Pionnier de la forêt. Michel Blanc, les forêts publiques et la protection intensive ». Histoires forestières du Québec. Vol. 3, n° 1, p. 32-43 

Blanchet, Patrick. 2003. Feux de forêt, l’histoire d’une guerre. Hull : Trait d’union, 183 p.

Blanchet, Patrick. 1999. Une fructueuse carrière de 65 ans pour le système de détection des tours d’observation. 20 p.

Ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP). Historique de la détection. En ligne. https://www.mffp.gouv.qc.ca/forets/fimaq/feu/fimaq-feu-historiquedetec.jsp. Consulté le 19 juin 2015.

Radio-Canada. 1959. Des tours pour localiser des feux. En ligne. http://archives.radio-canada.ca/societe/catastrophes_naturelles/clips/5540/. Consulté le 23 juin 2015

mardi 1 septembre 2015

LA PLANIFICATION QUOTIDIENNE DU CHEF DE LUTTE EN ALERTE


Le rôle du chef de lutte d’une équipe en alerte comporte plusieurs phases de préparation. Yannick Gaouette pompier forestier à la base principale de Val-d’Or, a accepté de nous en parler. « Lorsque je reçois en début de journée la confirmation que je suis désigné comme chef de lutte, je commence la cueillette d’informations : situation des interventions déjà en cours, l’analyse des données météorologiques actuelles et prévisions pour la journée, l’évaluation de l’assèchement des combustibles selon les secteurs ». Ces données sont accessibles dans le système d’information des incendies de forêt (SIIF), développé par le personnel de la SOPFEU



Il prend également connaissance de la fiche technique de la mission type qui confirme la charge utile qu’il pourra apporter à bord de l’hélicoptère. « C’est une étape très importante » précise Yannick. « Selon les appareils et les conditions climatiques, il peut y avoir de bonnes différences. Il ne faut pas dépasser le poids maximal que peut emporter l’hélicoptère, sinon on s’expose à de sérieux problèmes de sécurité ».


Une rencontre avec les membres de son équipe aura ensuite lieu pour leur transmettre l’information et discuter de scénarios sur de possibles missions. Finalement, on procédera au chargement du matériel dans l’hélicoptère en respectant la charge que l’on peut apporter. « On ne prend pas de chance. Le poids de chaque équipement ainsi que des membres de l’équipe est connu ».



Commence par la suite la période d’attente. « Régulièrement, je consulte le SIIF pour prendre connaissance des nouvelles données météorologiques. Il y a également des contacts avec le commandant d’intervention pour être bien au fait de nouveaux développements ».

Et si un ordre de mission est transmis, l’équipe est fin prête pour l’intervention. « Au moment du décollage, je révise avec le pilote les différentes procédures en vol et je contacte la base terrestre pour annoncer le départ vers l’incendie. Grâce à mon GPS, je peux donner une approximation de la distance et du temps de vol requis ».





 Le GPS est un outil indispensable. On y retrouve une foule d’information : routes, cours d’eau, valeurs à protéger. « Nous avons également la liste de nos différents dépôts d’équipements, ce qui permet d’avoir à moins de 15 minutes de vol, des outils et du carburant sans avoir besoin de revenir à la base » complète-t-il.


À l’approche de l’incendie, la couleur de la fumée donne des indices sur le type d’incendie. « Une petite fumée blanche ne représente pas trop d’activité. Si elle est noire, la combustion peut être plus intense. Ça peut également indiquer qu’une infrastructure est la proie des flammes. Finalement une couleur bronze indique un feu intense. Déjà on sait que l’on fait face à quelque chose de gros et que des ressources supplémentaires seront nécessaires ».



« Lorsque des avions-citernes sont déployés, il faut prendre contact avec l’aéropointeur à 20 milles nautiques en approche puis à 5 milles nautiques avant l’arrivée. » À partir de ce moment, c’est l’aéropointeur qui dirige la circulation à proximité de l’incendie afin d’éviter les accidents. « Pour ma part, je fais un rapport à la base terrestre pour confirmer l’emplacement précis de l’incendie, une première évaluation du travail à faire et des ressources supplémentaires, si nécessaire et j’établis mon plan de combat. Avec l’accord de l’aéropointeur, l’appareil se pose. Un plan d’évacuation est transmis à l’équipe. Le travail d’extinction au sol peut commencer… ».

jeudi 20 août 2015

POMPIER FORESTIER : UN MÉTIER PHYSIQUE!


C’est connu, être pompier forestier est un travail physique! Afin de favoriser les bonnes méthodes d’entraînement, la direction de la base principale de Baie-Comeau et le syndicat représentant le personnel saisonnier ont mis en place un comité pour étudier la question du conditionnement physique. De ce comité bipartite créé en 2010 est née l’idée des séances d’entraînement à la tâche, puis d’un parcours entièrement dédié aux pompiers forestiers. 



Interpellés par l’approche, certains ont aménagé un sentier de style crossfit en recréant certains mouvements et différentes tâches exécutés lors du combat des incendies. Le parcours est en construction depuis l’an passé et, à terme, il devrait compter huit stations. Les six stations actuellement créées permettent de faire des exercices variés :

  • Simuler un terrain avec enjambement; 
  • Monter et descendre des pentes;
  • Recréer l’effort lors de l’arrosage terrestre.

« J’ai imaginé le parcours afin qu’il sollicite plusieurs parties du corps. Puis, avec l’aide d’une kinésiologue, nous avons privilégié les exercices qui allaient renforcer les muscles sollicités sur le terrain », affirme Samuel Cardinal, un des pompiers forestiers qui a amorcé le projet. Adepte d’entraînement physique, il a apprécié l’aide de cette professionnelle. Ensemble, ils ont pu identifier les risques de blessures et ainsi, améliorer certains modules et en éliminer d’autres, initialement prévus. 



Par la suite, plusieurs pompiers forestiers ont mis la main à la pâte pour débroussailler le parcours, faire appel à la machinerie lourde pour aménager le terrain, scier et teindre le bois nécessaire et monter les modules d’entraînement qui ont été déployés dans l’entrepôt de la base avant d’être installés. Pour Claude Tremblay, directeur de la base principale de Baie-Comeau, il était impératif que les principaux intéressés s’approprient le parcours : « Nous croyons fermement que l’amélioration de la condition physique de nos pompiers forestiers a des répercussions positives sur la santé et la sécurité au travail, sur le coût des incendies et l’efficience de nos ressources et ultimement, sur la qualité du service rendu à nos membres. » 
  










Déjà, le parcours est un succès! Lorsqu’ils ne sont pas affectés au combat des incendies, les pompiers forestiers ont 90 minutes d’entraînement physique à leur horaire tous les matins. « Les gars sont très motivés! Ils vont s’entraîner ensemble », remarque Samuel Cardinal. Le parcours et les modules devraient être terminés au cours de la saison 2016.

Merci à ceux qui se sont impliqués dans ce projet : Samuel Cardinal, René Lajoie, Andrew Choinière, Peter Langlais, Joël Ouellet, Pascal Bussières, Alexandre Grenier, Florian Xénard, Dave Pageau, Steve Lapointe, Kevin Massicotte, Mathieu Renaud, Pierre Leblanc-Goulet, Ugo Le May et Joachim Lecoutre.

mardi 11 août 2015

RÉCIT D'UNE MISSION HORS PROVINCE

Le peu d’activités de la présente saison de protection au Québec fait contraste avec ce que les provinces de l’Ouest canadien ont vécu jusqu’à présent. La Société de protection des forêts contre le feu a donc été en mesure de répondre favorablement à plusieurs demandes d’aide de ces provinces pour des avions-citernes, des équipements de lutte et du personnel.

En juillet, c’est près de 110 pompiers forestiers québécois qui ont participé à deux missions en Alberta et au Manitoba. Nous vous invitons à écouter l’entrevue réalisée par la journaliste Frédérique Brais-Chaput, de la radio CHEF-99 de Matagami, qui a recueilli les commentaires des pompiers forestiers Jean-François Langevin et Félix Morin-Parent au retour d’un séjour à The Pas, au nord du Manitoba.

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mercredi 5 août 2015

IMPLICATION DU PERSONNEL EN SANTÉ ET SÉCURITÉ

Le combat des incendies de forêt comporte des risques inhérents qui ne se limitent pas qu’au seul travail sur la ligne de feu. Une multitude d’activités peuvent être à l’origine d’incidents ou de blessures. C’est pourquoi la Société de protection des forêts contre le feu se fait un devoir de bien identifier et définir les sources potentielles de risques et d’y apporter rapidement des correctifs qui assureront la sécurité et l’intégrité de l’ensemble de son personnel.

À ce chapitre, l’apport des travailleurs est essentiel. En plus de signaler des situations problématiques, ils sont également appelés à faire partie des solutions en proposant des pistes d’amélioration tant au chapitre des méthodes de travail que des outils et équipements utilisés. L’échange d’information entre les différentes bases que ce soit par l’entremise des comités de santé et sécurité ou par des projets spéciaux permet de mettre en commun les différentes expertises des travailleurs.

Les rampes mobiles pour les barils de carburant en sont un bon exemple. La manipulation de ces barils de 205 litres peut être une source de maux de dos ou de blessures aux mains et aux pieds. Après quelques essais et erreurs, une nouvelle méthode de travail a été élaborée et fait maintenant partie de la procédure provinciale d’embarquement/débarquement des barils de carburant dans les camions.



L’ingéniosité et le savoir-faire des pompiers forestiers ont permis une fois de plus de réaliser un outil original qui répond adéquatement au besoin. D’ailleurs au fil des ans, quelques innovations émanant du personnel ont été soulignées lors de différents congrès régionaux et provinciaux de la commission de santé et sécurité au travail (CSST).

mardi 28 juillet 2015

COMMENT CALCULE-T-ON LE DANGER D'INCENDIE

Le danger d’incendie est une évaluation de l’inflammabilité des combustibles forestiers (brindilles, racines, arbres, etc.) et des herbes sèches. Il provient des observations et des prévisions météorologiques des derniers jours ainsi que de l’historique des feux des années précédentes. Établie à partir des relevés de 191 stations météorologiques, cette donnée permet de prévoir le potentiel d’allumage de la forêt, mais aussi d’envisager le comportement d’un feu.


Pour connaître le danger d’incendie, il est nécessaire d’avoir en main l’Indice Forêt-Météo (IFM). Déterminé par diverses composantes tenant compte de la température (°C), de l’humidité relative (%), de la vitesse du vent (km/h) et des précipitations (mm), l’IFM est le meilleur indicateur pour prévoir le niveau d’inflammabilité de la forêt. Pour l’obtenir, il faut considérer les composantes suivantes :

Indice du combustible léger (ICL): Évaluation du potentiel d’allumage du combustible se trouvant à la surface du sol, comme les brindilles et les feuilles mortes;

Indice de l’humus (IH): Évaluation de l’humidité de la première couche de terre ou de racines sous le sol (à plus ou moins 5 centimètres de profondeur). Lorsque cette couche est sèche, le feu brûle plus profondément. Cet indice influence donc l’allumage et le comportement du feu;

Indice de sécheresse (IS): Évaluation de la sécheresse de la couche du sol sous les 5 premiers centimètres (le IH). Plus la valeur numérique de ce facteur est élevée, plus le sol est sec. Encore une fois, cela influence le comportement du feu. Le feu pourrait brûler plus profondément, ce  qui rend l’incendie plus difficile à éteindre;

Indice de propagation initiale (IPI): Évaluation de la vitesse prévue de propagation du feu en tenant compte du vent et de l’ICL. Cet indice peut en dire beaucoup sur le comportement d’un feu. Plus il est élevé, plus les flammes pourraient se répandre rapidement. Cela voudrait aussi dire qu’il y a beaucoup de vent et que l’indice du combustible léger est élevé;

Indice du combustible disponible (ICD): Combinaison des résultats de l’IH et de l’IS. Un ICD élevé contribue à augmenter l’intensité d’un feu ;

Indice Forêt-Météo (IFM): Combinaison des résultats de l’IPI et de l’ICD. Plus le IFM est élevé, plus un feu devient difficile à contrôler et plus il y a risque de conflagration (embrasée généralisée).

L’Indice Forêt Météo est donc le résultat de plusieurs facteurs. Malgré la pluie, l’indice peut tout de même être élevé en raison d’un sol asséché par une période prolongée de beau temps, par exemple. 

Dans les zones nordiques du Québec, le danger d’incendie est défini par l’Indice de Cladonie (ICLA), basé sur le ICL et le vent. Dans les secteurs où la végétation se fait moins dense et où la cladonie (mousse à caribou) prédomine, il suffit d’un sol sec et de vents forts pour obtenir un feu à propagation rapide. Sur un site comportant ce type de conditions, une journée d’ensoleillement suffit pour que le danger d’incendie soit extrême.

Généralement, on observe le plus grand nombre de feux au printemps et à l’automne en raison des combustibles forestiers plus secs. À ces moments de l’année, il suffit d’un brûlage qui tourne mal pour que les feuilles mortes au sol s’enflamment. Au fur et à mesure que le feuillage s’installe au printemps, le  danger d’incendie diminue dans le sud pour augmenter au nord de la province, jusqu’à ce que ce secteur verdisse à son tour. À l’automne, c’est le nord qui est le premier à prendre des couleurs et à perdre ses feuilles. Il s’ensuit le sud du Québec. Malheureusement, ces feuilles mortes entraînent une hausse du combustible forestier disponible. Cela explique l’augmentation du nombre de feux à ce moment de l’année.

Saviez-vous que…
Laurier Villeneuve, technicien en météorologie,
possède encore la première version de la méthode
canadienne du calcul de danger d’incendie datant de 1972.

La méthode canadienne du calcul de danger d’incendie actuelle a été implantée en 1972. À la suite d’une visite en Amérique du Nord, des spécialistes suédois ont choisi d’implanter la méthode canadienne de calcul du danger d’incendie dans leur pays. Ils ont cependant remarqué que le calcul en période printanière pourrait bénéficier de quelques changements. Puisque les résultats de ces modifications ajoutaient une plus-value à la méthode originale, les spécialistes québécois ont eux aussi choisi de changer leur façon de faire. Comme on dit, il n’y a que les fous qui ne changent pas d’idées!

Pour être à l’affût du danger d’incendie dans votre région, consultez le site Internet de la SOPFEU.


lundi 20 juillet 2015

COMMENT S'ASSURER QU'UN FEU EST BIEN ÉTEINT?

Quelle satisfaction que de faire cuire la truite qu’on vient de pêcher sur un feu de cuisson, juste à côté du chalet ou de la tente. Quel plaisir que de bivouaquer autour d’un feu de camp. Discuter, philosopher, gratter la guitare, chanter ou, tout simplement, regarder les étincelles se mêler aux étoiles en dansant.


Bien sûr, il faut préparer notre feu selon les règles de l’art. Choisir un endroit sans couvert forestier, préférablement à l’abri du vent, près de l’eau et s’assurer que son nid soit libéré de toutes matières végétales pour éviter une éventuelle propagation.

Au Québec, les statistiques de la dernière décennie, révèlent qu’en moyenne chaque année 52 incendies sont imputables à des feux de camp ou de cuisson mal éteints ou laissés sans surveillance pensant, à tort, que ça s’éteindrait tout seul, avec le temps. Des sinistres qui ont détruit une superficie moyenne annuelle de 185,8 ha de forêt ayant entraînés des coûts d’extinction d’un peu plus de ½ million de dollars. Chaque année, des pertes qui, avec un peu de bon sens et d’attention, auraient pu être évitées.


MAIS COMMENT ? 


En s’assurant que notre feu est bien ÉTEINT




Quelques jours sous l’effet du soleil et du vent, un feu en apparence éteint mais qui couve encore sous les cendres peut ressurgir, se propager à la forêt environnante et dégénérer. Pour éviter ce scénario, il faut arroser, arroser et arroser jusqu’à ne plus craindre de passer sa main dans les cendres pour vérifier qu’elles sont froides. Cas contraire, il faut arroser encore ! 

Les cendres sont froides ? Vous pouvez partir en étant certain de pouvoir revenir sur un territoire demeuré intact sur lequel vous pourrez, à nouveau, vous sustenter ou passer de beaux moments autour d’un beau petit feu.




LE SAC À EAU

Le sac à eau est l’outil idéal à avoir vers soi pour éteindre un feu de camp. Il remplace agréablement les contenants rigides moins faciles à transporter. Petit, léger, malléable et hydrofuge, il contient jusqu’à 10 litres d’eau que vous n’avez qu’à verser sur votre feu autant de fois que nécessaire jusqu’à extinction totale. 

Les sacs à eau sont vendus dans les magasins Pronature.


jeudi 9 juillet 2015

LE MÉTIER DE GARDE-FEU

Au Québec, la protection des forêts contre le feu possède une histoire riche qui s’étale sur plus d’un siècle. Le garde-feu, personnage phare de son développement, a été amené à jouer de nombreux rôles allant de la détection à la prévention en passant par la mise en application des lois. Aussi appelés patrouilleurs, les gardes-feu travaillaient généralement sept jours sur sept durant une période d’environ cinq mois. Plusieurs de ces travailleurs saisonniers ont même occupé ce poste toute leur vie.
Les premiers gardes-feu sont nommés en 1889 et sont généralement sélectionnés à même la population locale afin d’effectuer la surveillance de terrains licenciés spécifiques dans leur région. À cette époque, ils touchent un salaire mensuel variant entre 50 $ et 60 $. La protection des forêts contre les feux s’organise davantage à partir de 1894 alors qu’est créée la première zone de protection dans la région de l’Outaouais. Il est alors proposé d’embaucher 27 gardes-feu permanents qui parcourront les forêts le long du réseau hydrique en fonction de la valeur des lots à protéger et des différents facteurs de risques. Les endroits les plus propices à l’éclosion de feu se retrouvent où les compagnies forestières détiennent leurs concessions, où les colons défrichent la terre et où les draveurs, les pêcheurs et les chasseurs entretiennent leurs activités et allument des feux. 

Pour ce faire, ils doivent patrouiller le territoire leur étant assigné à pied, en canot ou à cheval, et ce, tous les jours. À leurs débuts, les gardes-feu effectuent leur patrouille sur des distances moyennes variant entre 1 150 et 2 720 kilomètres. Cette façon de faire a également l’avantage de les mettre en contact avec les utilisateurs du milieu forestier qu’ils peuvent informer des risques d’incendie. Lors des patrouilles, ils affichent les textes de loi relatifs aux feux de forêt, à la chasse et à la pêche et doivent s’assurer de remplacer les exemplaires endommagés. Les gardes-feu effectuent donc un important travail d’éducation.
Figure 1 : Société d’histoire forestière du Québec- Affichage des lois



Au début du 20e siècle, les colons représentent un des risques les plus importants de feux de forêt. Ces derniers ont recours au brûlage afin d’accélérer le défrichage des terres en les débarrassant de toutes matières ligneuses. Les permis de brûlage d’abattis deviennent obligatoires en 1916, élargissant, par le fait même, le rôle des gardes-feu. Ils doivent désormais, à partir des mois d’avril ou mai, inspecter chacun des abattis de leur secteur. La tournée du garde-feu est généralement annoncée une semaine à l’avance sur le parvis de l’église. 
Figure 2 : Société d’histoire forestière du Québec- Permis de brûlage

Un second facteur de risque provient des locomotives dont les rejets de charbon enflamment parfois les bordures des chemins de fer.  Lorsque des feux s’y déclenchent, les gardes-feu ont pour mandat de relever le numéro de la locomotive et la compagnie responsable de cet incendie afin de transmettre ces informations au département des Terres et Forêts. Ils jouent également un rôle important de protection des forêts lors de la construction du chemin de fer Canadian National. Vingt-deux patrouilleurs y sont engagés afin de sensibiliser les travailleurs au danger d’incendie et faire respecter la loi sur la protection des forêts contre le feu.
Le rôle des gardes-feu inclut aussi la détection et la suppression des incendies. Après le passage d’un orage, ils doivent vérifier si la foudre a allumé des feux sur leur territoire et les éteindre le cas échéant. À partir de 1913, les gardes-feu se voient octroyer un mandat supplémentaire dans la détection des feux causés par les locomotives. Ces derniers doivent désormais suivre les locomotives à intervalle de 20 minutes à bord de draisines motorisées afin de détecter les débuts d’incendies. Ils les éteignent par la suite à l’aide d’outils rudimentaires.
Figure 3 : Société d’histoire forestière du Québec- Gardes-feu sur une draisine 

En sommes, le garde-feu est un homme à tout faire. Le travail acharné de ces gardiens de la forêt a permis la détection de nombreux incendies. Leur rôle s’estompera tout de même peu à peu avec l’arrivée des tours de détection et des avions de détection ainsi qu’avec la formation accrue d’une main-d’œuvre qualifiée dans le combat des incendies. Malgré tout, ces hommes des bois ont joué un rôle crucial dans la mise en place du système actuel de protection des forêts contre le feu en plus d’avoir su sensibiliser de larges pans de la population à ces enjeux. 

Références
Blanchet, Patrick. 2010. « Pionnier de la forêt. Michel Blanc, les forêts publiques et la protection intensive ». Histoires forestières du Québec. Vol. 3, n° 1, p. 32-43

Blanchet, Patrick. 2003. Feux de forêt, l’histoire d’une guerre. Hull : Trait d’union, 183 p.

Ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP). Historique de la détection. En ligne. https://www.mffp.gouv.qc.ca/forets/fimaq/feu/fimaq-feu-historiquedetec.jsp. Consulté le 19 juin 2015.

Ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP). Le permis de brûlage. En ligne. https://www.mffp.gouv.qc.ca/forets/fimaq/feu/fimaq-feu-capsule08.jsp. Consulté le 7 juillet 2015.


mardi 16 juin 2015

SAISON 2015

Malgré un printemps tardif, la saison de protection 2015 a débuté en force dès le 1er mai. Le nombre élevé d’incendies a forcé le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP) à mettre en place une interdiction de faire des feux à ciel ouvert, le 6 mai. Au total, 61 incendies ont été recensés et 67 hectares affectés alors que cette mesure était en vigueur. En seulement 10 jours,  le nombre total d’incendies combattus s’est élevé à 169, mobilisant notre personnel ainsi que les pompiers municipaux.

Au cours de l’hiver, plusieurs rencontres ont eu lieu afin de bien identifier les besoins de nos clients en zone de protection nordique (MFFP, Affaires autochtones et Développement du Nord Canada et Hydro-Québec). Les travaux ont permis de bien cerner les besoins de détection et de vigie sur le territoire visé par l’entente. Les valeurs à protéger ont été identifiées et la présence d’incendies à proximité de celles-ci nécessitera des activités de suppression. Le défi est grand puisque le nombre d’employés demeure le même malgré l’immensité du territoire à protéger.

Comme un bon nombre d’organisations, le contexte économique nous a forcés à revoir à la baisse notre budget annuel. Pour ce faire, la mise en place de certaines infrastructures prévues au plan stratégique a été reportée. Cependant, nous avons été en mesure de mener à terme les travaux amorcés à la base de Bonnard et d’ajouter une base d’appoint à 185 km au nord du Lac-Saint-Jean. Aussi, nous avons pu maintenir la structure opérationnelle et conserver notre capacité d’intervention.

Nous devons mentionner que la SOPFEU complètera son tout premier plan stratégique à la fin de 2015. L’élaboration du prochain plan stratégique est amorcée et deux sondages seront envoyés prochainement aux membres corporatifs et à la population afin de bien cibler les attentes. Nul doute que celui-ci amènera son lot de défis pour notre organisation. 

Les indices météorologiques des dernières semaines ont permis de prêter main-forte à l’Alberta, le 23 mai, et à la Saskatchewan, le 25 mai, en envoyant deux paires d’avions-citernes. Malheureusement, le prêt de personnel, d’un minimum de 14 jours, est impossible à cette période de l’année compte-tenu du nombre restreint de pompiers forestiers et de la météo difficile à prévoir pour une durée de deux semaines.

En terminant, je souhaite à tout le personnel de la SOPFEU une belle saison 2015 et je me dois de rappeler que la sécurité doit primer dans chacune de nos interventions. 

François Lefebvre, ing.f., M.Sc.
Directeur général

PARTENARIAT ENTRE LA SOPFEU ET LES PREMIÈRES NATIONS DU QUÉBEC

Au début du mois de mai, le gouvernement Harper annonçait un programme permettant d’aider les Premières Nations du Québec à se préparer à faire face à des situations d’urgence de toutes sortes, dont les incendies de forêt. Selon les propos de Bernard Valcourt, ministre des Affaires autochtones et du Développement du Nord Canada (AADNC), « nous préparons des mesures pour faire en sorte que les Premières nations du Québec disposent de moyens pour réduire les risques de sinistres et qu’elles soient mieux préparées à intervenir lorsque des vies et des propriétés sont exposées au risque. »

La SOPFEU est associée à ce programme en mettant à contribution l’expertise de son personnel pour faire l’évaluation de la vulnérabilité des communautés aux incendies de forêt et pour proposer des moyens visant l’atténuation de ces risques. Une formation sur le combat des incendies sera également offerte permettant une première intervention par les membres de la communauté lors d’un incendie à proximité de celle-ci.

En plus des notions de combat, une attention particulière sera portée à l’analyse et au suivi des situations problématiques, sur l’acquisition d’équipements et leur entretien ainsi que les mesures à prendre afin d’assurer la sécurité et l’intégrité des personnes qui seront appelées à intervenir lors d’un incendie de forêt.

Rappelons qu’un projet-pilote avait été réalisé pour la communauté de Manawan en 2013 et 2014 et qu’un projet similaire pour la communauté de Wemotaci a débuté en 2014 et se poursuivra en 2015. Le bureau régional du Québec de l’AADNC a demandé à la SOPFEU de proposer des offres de service pour la mise en œuvre de ce programme dans de nouvelles communautés retenues par l’AADNC.

UNE FORMATION QUI PRÔNE LA RESPONSABILISATION DES COLLECTIVITÉS

Les collectivités situées en zone nordique sont établies dans un écosystème où les incendies de forêt ont toujours été présents. Les habitants peuvent y vivre en sécurité s’ils réduisent la vulnérabilité de leurs collectivités aux incendies de forêt. La protection des communautés en zone de protection nordique peut ainsi en être grandement facilitée.

Au cours de l’hiver, la SOPFEU a parrainé deux ateliers de formation sur l’atténuation des risques et la protection des collectivités. Quarante-huit personnes ont assisté à ces ateliers, principalement des employés de la SOPFEU qui ont un rôle à jouer pour la protection contre les incendies en zone nordique de même que des représentants du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs,  du ministère de la Sécurité publique,  du ministère des Affaires autochtones et du Développement du Nord Canada, du Department of Natural Resources de Terre-Neuve et Labrador, Hydro-Québec et de trois communautés des premières nations. 

La formation a été conçue afin de permettre aux résidents de secteurs propices aux incendies de forêt de se doter de connaissances et de moyens pour réduire considérablement la vulnérabilité de leur collectivité aux incendies de forêt. Ce qu’ils parviennent à faire en planifiant et en travaillant ensemble.

La formation se base sur des études et recherches démontrant que le feu ne s’étend pas comme une inondation, un glissement de terrain ou une avalanche. Le feu ne détruit pas tout sur son passage. Le feu s’étend seulement sur les lieux où il y a des matières inflammables supportant la combustion. Les faits sur lesquels la formation s’appuie :

  1. 85 % à 90 % des maisons dont la toiture n’est pas combustible et dont le dégagement est de 10 mètres résisteront au passage d’un incendie de forêt d’importance;
  2. Plus de 50 % des maisons détruites par les incendies de forêt s’enflamment en raison des étincelles;
  3. Les maisons ne s’enflamment pas toujours lorsqu’un incendie de forêt de grande intensité est à proximité.

Le risque d’ignition d’une propriété dans une zone périurbaine est déterminé en fonction de caractéristiques de la structure et des matériaux inflammables avoisinants. 

À cet égard, voici quelques exemples de mesures d’atténuation :

  1. Installer des toitures résistantes au feu comme le bardeau d’asphalte ou la tôle;
  2. Avoir des avant-toits fermés dont les évents sont grillagés;
  3. Remiser le bois de chauffage à plus de 10 m du bâtiment;
  4. Fermer l’espace sous la terrasse ou le balcon;
  5. Réduire et aménager la végétation entourant le bâtiment.

Le but ultime est de créer des collectivités capables de vivre dans un écosystème où les incendies de forêt sont présents et de pouvoir résister à leurs effets. L’atelier de formation pour les représentants locaux Intelli-feu a été diffusé par  « Partners in Protection », une association canadienne souhaitant réduire le risque de pertes causées par les incendies de forêt dans les zones habitées ou périurbaines. 

vendredi 5 juin 2015

LA SOPFEU VOUS INFORME EN TOUT TEMPS!

Vous avez consulté le site Internet de la SOPFEU dernièrement? Sans doute aurez-vous remarqué que des changements y ont été apportés. Tout d'abord, mentionnons la carte interactive en page d'accueil qui diffuse l’information en temps réel sur l'état de la situation en forêt. Aussi, nous avons ajouté des cartes à notre plateforme d'abonnement permettant de visualiser facilement les secteurs qui vous préoccupent. Il est ainsi plus facile de recevoir l’information souhaitée directement par courriel.

Vous possédez un téléphone intelligent? Téléchargez notre site optimisé ou notre application mobile pour iPhone. Vous y retrouverez, de façon synthétisée, les informations les plus consultées sur le site de la SOPFEU.

Au cours des dernières années, la SOPFEU s’est dotée de plusieurs plateformes afin de vous informer le mieux possible sur ses activités, et ce, rapidement. Pour obtenir des nouvelles en temps réel et divers renseignements sur nos activités, abonnez-vous à nos comptes Facebook et Twitter! De nombreuses vidéos et photos sont également disponibles via notre site Internet et nos comptes Youtube et Flickr.



DES POMPIERS EN MISSION DANS L'ÉTAT DE NEW YORK

En mars dernier, la SOPFEU est venue en aide au U.S. Fish and Wildlife Service (USFWS) à Long Island dans l’État de New York. Des pompiers ont été affectés pour une période de deux semaines à l’abattage des arbres au Wertheim National Wildlife Refuge, aux prises avec une infestation d’insectes s’attaquant aux pins. 

Au total, neuf pompiers forestiers et un agent de protection de la base de Roberval ont travaillé à ce projet. Les pompiers ont aimé cette expérience de travail et ont été surnommés par les autorités locales américaines « Hurricane Quebec » car ils ont exécuté la tâche trois fois plus rapidement qu’estimé au départ.

Nos pompiers ont remis une plaque commémorative aux autorités locales.
Cette plaque, sculptée dans l'un des pins abattus, est une réalisation artisanale de nos pompiers.

L’IMAGERIE À HAUTE ALTITUDE : LE PROJET CONTINUE

La saison 2014 n’a pas permis de pousser l’expérience de l’imagerie en haute altitude aussi loin que souhaité au Québec, mais une centaine d’heures de vol hors province ont cependant été effectuées en Colombie-Britannique et en Alberta. Jusqu’à maintenant, les résultats sont concluants et la méthode a fait ses preuves.

Ces données ont été analysées dans le cadre d’un projet de fin d’études à l’Université Laval par M. Édouard Moreau (pompier forestier à la base 2). Sur la base des données disponibles, il en ressort que cette méthode comporte des avantages indéniables et elle est moins limitative que l’hélicoptère pour la détection de points chauds et la délimitation de contours de feux. Ces résultats permettront de baliser le suivi de ce projet, qui est désormais réalisé par Trans Capital Air.

En 2015, l’appareil sera opéré par le même équipage que l’an dernier et sera équipé d’un capteur de pointe plus précis que le précédent. Il est composé entre autres d’une caméra infrarouge en version HD qui permet une portée d’utilisation de 20 % plus grande et qui possède un mode pour les conditions de brouillard ou de brume. En date du 16 juin, le capteur, technologie classée «armement militaire», est actuellement retenu aux douanes américaines dans l’attente du traitement de dossier d’importation. Souhaitons que le tout se règle rapidement…